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L'ACCIDENT DU TRAVAIL

Il convient de distinguer les accidents du travail et les maladies professionnelles subis par un salarié du secteur public et du secteur privé. Pour le secteur public cliquer ici .

S'il y a eu infraction pénale, il est aussi possible d'agir devant les juridictions pénales.

Qui est indemnisé ?

Sont indemnisés :

+Le salarié victime de l’accident

Un accident du travail est un accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail. Il y a présomption d’accident de travail un fait accidentel survenu sur le lieu du travail ou hors de l’entreprise mais pendant les heures de travail.

Un accident de trajet du domicile au travail ou vice-versa est aussi considéré comme un accident de travail. Il existe une jurisprudence abondante sur ce qui constitue un accident de trajet.

Les tribunaux définissent un accident comme un événement d’apparition brutale et soudaine.

Les troubles psychiques post-traumatiques peuvent bénéficier de la législation sur les accidents du travail si on arrive à démontrer que les faits à l’origine des séquelles sont survenus sur le lieu de travail et se sont déroulés peu de temps avant les troubles.

+Les victimes indirectes

Les victimes indirectes ont aussi le droit à être indemnisées : il s’agit essentiellement des proches (conjoint ou concubin, enfants…)

Qui indemnise ?

-La Caisse Primaire d'Assurance Maladie
-L'employeur en cas de faute inexcusable ou intentionnelle de sa part

En cas de faute inexcusable ou intentionnelle

L'employeur peut être mis en cause s'il a intentionnellement causé l'accident (situation assez rare) ou s'il a commis une faute inexcusable qui a causé l'accident.

Les tribunaux sont devenus récemment beaucoup plus exigeants vis-à-vis des employeurs, leur imposant une obligation de sécurité à l'égard de leurs salariés.

Cette obligation est une obligation de résultat, ce qui veut dire que si un accident survient, il devient difficile pour l’employeur de démontrer qu’il n’a pas commis de faute intentionnelle.

L’avantage d’avoir l’employeur tenu responsable de la faute inexcusable est que les sommes allouées à la victime seront plus importantes que celles où l’employeur n’est pas tenu responsable.

En effet, une décision rendue (le 18 juin 2010) par la Cour constitutionnelle a jugé qu’une victime de la faute inexcusable ou intentionnelle d’un employeur peut demander la réparation intégrale de son préjudice. Lorsque l’employeur ne peut être tenu pour responsable l’accidenté du travail voit la réparation de son préjudice limité à l’indemnisation de son préjudice d’agrément, son préjudice esthétique, les souffrances endurées et la perte ou diminution de chances de promotion professionnelle.

Comment se passe l'indemnisation ?

+La déclaration à l’employeur et à la CPAM

Le salarié doit informer l’employeur de son accident dans les 24 heures, et obtenir de celui-ci la « feuille d’accident de travail ».

Il doit consulter un médecin qui établit un certificat médical initial.

En cas d’arrêt de travail, il transmet à l’employeur le certificat d’arrêt de travail. Cette déclaration d’accident du travail fait présumer de la matérialité de l’accident.

La déclaration d’accident du travail n’est parfois pas adressée à temps, soit parce que le salarié n’est pas en état d’informer son employeur, soit qu’il ne juge pas nécessaire de le faire (les séquelles se matérialisant parfois quelques jours après). L’employeur de son côté préfère ne pas effectuer cette démarche. L’absence d’envoi de la déclaration d’accident est préjudiciable pour le salarié parce que dans ce cas il doit prouver la matérialité de l’accident du travail.

En tout état de cause le salarié aura deux années pour agir.

+L’instruction du dossier par la caisse de sécurité sociale

La CPAM est destinataire de la déclaration d’accident du travail et du certificat médical initial.

Elle a 30 jours à compter de la date à laquelle elle a connaissance de l’accident pour se prononcer sur le caractère professionnel de l’accident, le défaut de réponse dans ce délai étant considéré comme une reconnaissance de ce caractère professionnel.

Elle peut ordonner une enquête complémentaire dans ce délai de 30 jours dont le résultat sera ensuite notifié au salarié. La caisse aura ensuite deux mois pour se prononcer à compter de la notification.

+Les voies de recours

En cas de décision défavorable de la CPAM, les voies de recours sont les suivantes :
  • un refus administratif (par exemple la CPAM conteste la matérialité de l’accident). Le salarié peut solliciter une demande de réexamen du dossier auprès de la Commission de recours amiable ; en cas d’avis défavorable de celle-ci, il peut former un recours devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale (T.A.S.S.), puis éventuellement faire appel devant une cour d’appel ;
  • le refus porte sur une raison médicale autre que le taux d’IPP. Le salarié peut demander une expertise médicale. La décision du médecin s’impose à la CPAM mais peut être contestée devant le TASS; cette dernière peut d’ailleurs ordonner une contre-expertise. Comme dans le cas précédant le jugement d’un TASS peut être contesté devant une Cour d’appel ;
  • le taux d’IPP est contesté. Il faut porter l’affaire devant le Tribunal du contentieux de l’incapacité, puis si besoin en cas d’appel devant la Cour nationale de l’incapacité.

Qu'est ce qui est indemnisé ?

L’organisme qui paye la victime est la Caisse Primaire d'Assurance Maladie.

Celle-ci à son tour peut répercuter le coût sur l’employeur.

+L’indemnité journalière

Les salariés du secteur privé ont droit à une indemnité journalière jusqu’à la date de la guérison ou l’attribution d’une rente d’incapacité permanente. Le montant de l’indemnité varie en fonction de la durée de la maladie et du salaire de base, étant précisé qu’elle est plafonnée à un montant maximum qui est revalorisé chaque année.

+Le capital ou la rente

Lorsque le salarié est consolidé il lui est versé soit un montant en capital si le taux d’incapacité est inférieur à 10%, soit une rente si ce taux est supérieur

Pour le calcul de la rente, on applique un coefficient de minoration de 50% pour la fraction d’incapacité inférieure à 50% et un coefficient de majoration de 150% pour la fraction supérieure à 50%. En clair ceci a pour effet de minorer la rente pour ceux qui n’ont pas 100% d’incapacité. Ainsi celui qui a une incapacité de :

  • 50% aura une rente égale à 25% de son salaire antérieur,
  • 70% aura une rente égale à 55% de son salaire antérieur,
  • 100% aura une rente égale à 100% de son salaire antérieur.

Le salaire à prendre en compte est celui des 12 derniers mois, mais des règles plafonnent celui-ci et fixent aussi un salaire minimum. Il en résulte que le montant de la rente est située dans une fourchette qui, au 1er avril 2010, va de 17 192 à 34 384 €.

Le versement du capital ou de la rente est normalement la seule indemnité due au salarié. Cependant l’indemnisation peut comprendre d’autres postes de préjudice en cas de faute inexcusable ou intentionnelle de l’employeur.

+D’autres préjudices – faute inexcusable de l’employeur

En cas de faute inexcusable ou intentionnelle de l’employeur :

  • la rente de la sécurité sociale peut être majorée à son taux maximum
  • la victime a droit à l’indemnisation de divers préjudices : les souffrances endurées, le préjudice d’agrément, le préjudice esthétique, voire éventuellement la perte ou diminution des chances de promotion professionnelle. Cependant, une décision importante de la Cour constitutionnelle a énoncé qu’en cas de faute intentionnelle ou inexcusable de l’employeur la victime pouvait être intégralement indemnisée de son préjudice – donc pour tous les postes de préjudice.
  • les ayants droits peuvent obtenir l’indemnisation de leur préjudice moral et les conjoints survivants peuvent demander la réparation de leur éventuel préjudice financier.

Il peut donc être intéressant d’invoquer la faute inexcusable de l’employeur, d’autant que depuis 2002 la Cour de cassation impose à l’employeur une obligation de résultat en matière de sécurité des salariés.

L'ACCIDENT DE SERVICE

Il convient de distinguer les accidents du travail et les maladies professionnelles subis par un salarié du secteur public et du secteur privé. Pour le secteur privé, ou les contractuels de l'administration soumis de ce fait au droit privé, cliquer ici .

Qui est indemnisé ?

Les fonctionnaires de l'Etat, des collectivités locales et du service public hospitalier sont soumis à un régime spécifique en matière d'accident du travail.

Si aucun texte ne définit l'accident de service, les tribunaux exigent qu'il y ait un lien entre l'accident et le service (le travail du fonctionnaire).

Il n'y a pas de distinction formelle entre l'accident de service et l'accident de trajet.

A la différence du droit privé, il n'y a pas de présomption d'imputabilité de l'accident au service : le fonctionnaire doit démontrer le lien entre accident et son service.

La faute inexcusable de la victime peut venir diminuer le montant de l'indemnisation, mais celle-ci est définie de façon assez favorable pour le fonctionnaire.

Qui indemnise ?

L'Etat pris en la personne du Ministre chargé du budget, pour les fonctionnaires de l'Etat.

La Caisse de dépôt et consignations, pour les fonctionnaires des collectivités publiques ou des hôpitaux.

Comment se passe la procédure d'indemnisation ?

+La déclaration par le fonctionnaire

Le fonctionnaire doit déclarer l'accident à son administration. Beaucoup d'entre elles ont pris des circulaires pour préciser les démarches à effectuer, prévoyant notamment le délai pour déclarer l'accident.

Théoriquement aucun délai pour déclarer n'est imposé et le non-respect des délais mentionnés dans les éventuelles circulaires ne déchoient pas nécessairement l'agent administratif de ses droits ; il est cependant préférable qu'il ne tarde pas trop, ne serait-ce que pour éviter que les preuves de l'accident disparaissent.

La déclaration devra être non seulement aussi complète que possible, mais être appuyée par le PV de police s'il y en a un, le certificat médical, voire des témoignages.

+La consultation de la commission de réforme

La commission donne un avis consultatif sur l'imputabilité de l'accident (ou la maladie) au service, de la réalité des infirmités, et éventuellement sur l'application du Code des pensions en matière de retraire.

Lorsque l'accident de travail ne dépasse pas 15 jours et que l'accident est reconnu comme étant lié au service par l'administration, il n'est pas nécessaires de saisir la commission dé réforme.

+La décision de l'administration

La décision de l'administration doit être écrite ; en cas de refus d'imputabilité elle doit être motivée.

+Voies de recours

Si le fonctionnaire conteste la décision de l'administration, il doit la contester dans les deux mois de la notification de la décision.

Conformément aux règles de procédure en matière administrative, le recours peut être :

  • gracieux, auprès du service qui a notifié le refus ;
  • hiérarchique, auprès de l'autorité supérieure dont dépend le service qui a émis le refus ;
  • ou contentieux, devant le Tribunal administratif.

En cas de contestation de la décision du Tribunal administratif il est possible de porter l'affaire devant la Cour administrative d'appel.

Qu'est ce qui est indemnisé ?

Les frais médicaux des victimes de maladie professionnelle sont intégralement pris en charge.

+Le traitement pendant l'arrêt de travail

Le fonctionnaire victime d'un accident de service se voit favorisé par rapport à un agent qui n'aurait pas subi un accident de service :

  • il conserve le bénéfice de son traitement en cas de congé maladie, jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise en retraite.
  • son traitement est conservé pendant la durée du congé de longue maladie, régime applicable s'il ne peut plus exercer ses fonctions et qu'il doive subir des soins prolongés,
  • il bénéficie du traitement à taux plein pendant 5 années en cas de congé de longue durée, puis la moitié de son traitement pendant les trois années suivantes. Ce congé est applicable lorsqu’on contracte l’une des 5 affections visées par les textes ; il ne concerne essentiellement que le cas de maladie liée au service, rarement un accident de service.

+L'allocation temporaire d'invalidité

Le fonctionnaire bénéfice aussi de l'allocation temporaire d'invalidité s'il a une incapacité permanente au moins égale à 10% (ce seuil de 10% n'est pas requis en cas de maladie professionnelle).

Il doit toutefois formuler sa demande dans un délai d'un an à compter de la date de la consolidation, ou de la date de la reprise du service si celle-ci est postérieure à la consolidation.

La commission de réforme doit donner son avis en cas de demande d'allocation temporaire d'invalidité.

+La rente viagère d'invalidité

Le fonctionnaire a droit à une rente viagère d'invalidité lorsqu'il est dans l'impossibilité définitive de continuer d’occuper son poste (et non tout travail).

La consultation de la commission de réforme est obligatoire en pareil cas.

+Les autres postes

Le Conseil d’Etat a récemment développé une jurisprudence autorisant le salarié à réclamer l’indemnisation de ses souffrances physiques ou morales, de son préjudice esthétique, et de son préjudice d’agrément.

Par ailleurs, toujours en vertu de cette jurisprudence récente, en cas de faute de l’administration ayant entraîné le dommage, le fonctionnaire est en droit de demander la réparation intégrale de son préjudice.

 

Sebastian van Teslaar
Avocat
32, rue Le Peletier
75009 PARIS
Tel : 01.44.90.02.22
Fax : 01.77.74.68.88

La faute médicale
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L’accident du travail
Les maladies professionnelles
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